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Le diable et les pyramides. |
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Deux histoires, pour commencer. |
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I . La première est une histoire vraie: l'ancienne Egypte fut l'ancêtre du crédit-bail. Les pyramides furent elles construites en crédit-bail ? Les tombeaux funéraires furent ils en leur temps des biens d'équipement ? Aucun document officiel ne permet de le certifier. |
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Cependant une chose est sûre: les égyptiens faisaient déjà une différence entre l'usage d'une chose et la propriété de cette chose. Utiliser, ce n'est pas toujours posséder. Voici donc le premier principe qui régit une opération de crédit-bail: la distinction juridique entre la jouissance et la propriété. N'entrons pas encore dans le détail de telles distinctions; contentons nous pour le moment de dire la seconde histoire. |
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II . Il était une fois Monsieur Félès. Monsieur Fêlés aimait jouer, en particulier avec les idées. Il était même un acharné des idées nouvelles. Mais il n'aimait jouer avec les idées qu'à une seule condition : que ses idées soient aussi neuves que dérangeantes. Et il aimait les idées très dérangeantes. |
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Du fond de son fauteuil préféré, Monsieur Félès se demandait donc quelle idée pourrait être si neuve qu'elle laisserait perplexes ceux qui parlent, ceux qui comptent et vendent, et ceux qui dépensent. Quelle idée rendrait les juristes muets, les économistes fous, quelle idée donnerait aux entreprises et aux sociétés l'envie et surtout la possibilité de faire les investissements auxquels ils aspirent ? C'est ainsi que monsieur Félès eut l'idée du crédit-bail: une opération de financement qui est aussi un contrat de location. |
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Alors il se mit à imaginer des conditions d'applications qui n'exigeraient aucun apport initial de l'investisseur, lui assurant le financement intégral de son opération. Cela ne suffisait pas; il fallait encore que les garanties réclamées pour l'acceptation du dossier soient très réduites, que le coût de l'investissement soit stable et personnalisé. |
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Mais il fallait aussi préserver les potentialités de modernisations sans entraver la capacité d'endettement de celui qui investissait: le contrat de crédit-bail devait être fonction de la durée de vie économique du bien financé. Enfin il fallait que les loyers réclamés tiennent compte de l'option d'achat proposée à la signature du contrat, mais il fallait aussi que cette promesse unilatérale de vente soit souple et puisse, dans une certaine mesure, être annulée afin de laisser en dernier lieu à l'investisseur la possibilité du choix: acheter pour une somme souvent symbolique, renoncer parce que le temps écoulé a modifié ses intentions, ou bien continuer à louer. |
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Tout cela paraît trop simple et trop avantageux. Monsieur Félès sourit.Derrière son sourire, on peut deviner son prénom: Méphisto, naturellement. |
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Quelle est donc cette diable d'invention ? |
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